J’imprime mon livre

Il y a deux semaines, je vous parlais de l’économie du livre autoédité. Je voudrais cette fois aller un peu plus loin en vous donnant des informations plus spécifiques sur l’impression. En effet, lorsque je discute avec les auteurs, les mêmes interrogations reviennent souvent : comment choisir le format, le papier, le tirage ? Tout ceci est assez technique, pourtant certains réflexes sont assez simples à adopter.

Le format du livre

Pour la plupart des livres, le format sera dit « à la française », c’est-à-dire que le livre se présentera « verticalement » ou « en portrait ». Il est plus haut que large. Le format « à l’italienne » (« en paysage »), plus large que haut, est souvent réservé à des livres particuliers : beaux-livres, BD, certains livres jeunesse, en réponse au besoin de mettre en valeurs des images correspondant à cette orientation. Enfin, on trouve aussi des formats carrés qui sont en réalité de faux carrés car on ajoute toujours quelques millimètres en largeur pour tenir compte de la reliure.

En termes de dimensions, on choisit le plus souvent entre des formats variant du 12×18 cm (format poche) au 16×24 cm (grand format). Entre ces deux-là, on trouve de façon courante le 14,8×21 cm (format A5) et le 14×20 cm. Le fameux 21×29,7 cm (A4), peu esthétique et difficile à manipuler, est plutôt à réserver aux livres techniques, aux ouvrages scolaires, aux brochures et catalogues. Enfin, on peut trouver de très grands formats, au-delà du A4, mais ceux-ci conviennent mieux aux beaux-livres, aux livres de photos ou aux ouvrages jeunesse illustrés.

D’un point de vue économique, je vous conseille donc d’éviter les formats extravagants. Si vous publiez un roman ou une autobiographie, un format 14,8×21 cm à la française sera parfait et restera le plus raisonnable au niveau des coûts quel que soit l’imprimeur.

Le papier

L’imprimeur pourra vous proposer différents types de papier pour l’intérieur du livre.

Pour un livre contenant du texte seul, donc imprimé en noir, le papier bouffant 80 g est la norme. C’est le papier de la plupart des romans imprimés. On pourra vous proposer des qualités différentes : papier ivoiré, tramé, recyclé, couché. Ils seront tous plus chers et parfois plus lourds (attention aux coûts d’expédition !).

Si votre ouvrage contient des photos ou des illustrations en noir et blanc, il vaudra mieux choisir un papier offset 90 g. Plus blanc que le bouffant, il est aussi moins transparent et supporte mieux la charge d’encrage.

Enfin, pour un ouvrage illustré en couleurs (en quadrichromie), si un offset 90 g peut suffire avec des crayonnés et des encrages légers, il vaut mieux passer sur un couché lorsque la saturation des couleurs est forte. Le couché rendra le brillant des photos ou des illustrations et évitera les problèmes de transparence.

Concernant le papier de couverture, si on souhaite une couverture souple, on s’oriente le plus souvent vers de la carte 240 g ou du couché 300 g, l’un étant plus souple que l’autre, sur lesquels on applique un pelliculage. Le pelliculage peut être brillant, mat, velours en fonction du rendu souhaité. Il arrive aussi qu’on applique des vernis sélectifs sur les couvertures : certaines parties sont brillantes tandis que le reste de la couverture est mate. Bien entendu, un vernis sélectif vous coûtera plus cher qu’un pelliculage simple. Le pelliculage brillant coûte le même prix que le pelliculage mat, mais le velours coûte un peu plus cher.

La reliure

Il existe une très grande variété dans le choix des reliures. Je ne vais donc citer que les plus courantes.

Pour la plupart des ouvrages, on utilise la reliure collée : les pages sont simplement entaillées et collées à la couverture au niveau de la reliure. Les colles actuelles sont de bonne qualité et il est très rare que les pages puissent se détacher à l’usage. On obtient donc un livre avec dos carré collé.

Si le livre compte moins de 40 pages, il ne sera pas possible de faire un dos carré collé car le livre casserait à l’ouverture. On choisira alors l’agrafe comme mode de reliure.

On réserve généralement les brochés, grecqués ou les cousus collés aux éditions de livres plus luxueux. Cette technique est beaucoup plus coûteuse. Elle peut servir pour des livres à couverture souple ou rigide.

Enfin, pour certaines éditions spécifiques (livres techniques, carnets de voyage, etc.), on peut choisir une reliure spirale ou wire’o : les fabricants proposent aujourd’hui de très jolies reliures plastifiées avec une vaste gamme de coloris. Rien à voir avec les spirales qui reliaient vos rapports de stage lorsque vous étiez étudiant !

Le tirage

Le choix de la technique d’impression va dépendre majoritairement du chiffre de tirage.

De nos jours, la technique la plus abordable est l’impression numérique. Elle permet d’imprimer de 20 à 500 exemplaires avec une qualité tout à fait convenable.

Au-delà de 500 exemplaires, il faut comparer les tarifs numériques et les tarifs offset en fonction du format, du papier et du nombre de pages du livre. Selon l’imprimeur et les caractéristiques du livre, l’un peut être plus avantageux que l’autre.

À partir de 1 000 exemplaires, on passe sur une impression offset. Elle sera toujours de meilleure qualité que les autres types d’impression, avec une plus grande précision du point d’encrage. Elle convient donc mieux aussi pour les beaux-livres et tous les ouvrages contenant des images de haute qualité.

La bonne question à se poser est celle du coût, bien entendu. Il s’agit ici d’économie d’échelle. Il est donc important de regarder l’investissement global mais aussi ce que vous coûte un exemplaire. Ainsi, en imprimant 100 exemplaires en numérique, vous aurez une faible somme totale à débourser. Mais le prix de l’exemplaire sera plus élevé que si vous imprimez en 1 000 exemplaires en offset. En revanche, la somme totale pour un tirage de 1 000 exemplaires peut être très importante…

Il faut aussi tenir compte de votre capacité à écouler les ouvrages produits. Il sera toujours plus facile de vendre 100 exemplaires que 1 000 : un équilibre est donc à trouver si vous voulez rentabiliser votre investissement. En tout état de cause, n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre !

Un exemple de coûts pour un ouvrage A5 de 120 pages tout quadri sur papier offset 90g
100 exemplaires : 735 euros soit 7,35 euros/exemplaire
500 exemplaires : 2897 euros soit 5,79 euros/exemplaire
1000 exemplaires : 3577 euros soit 3,58 euros/exemplaire

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